Société de consommation

Il y a longtemps, lorsque la société n’avait pas tant évolué (ou alors dans les régions en difficulté) l’homme était capable de survivre parce qu’il travaillait fort et vivait grâce au fruit de son travail. Dans de telles conditions l’homme devient malgré lui quelqu’un de sage. Il sait que les ressources sont précieuses et que le gaspillage n’est pas une bonne chose. De plus, il devait être capable de fabriquer la plupart du temps sa propre maison, ses propres outils et ses propres vêtements. Il connaissait donc la provenance de tout ce qu’il consommait.

Maintenant les choses sont un peu différentes. Le consommateur moyen mène une vie confortable, mais ne comprend plus la valeur (non monétaire) de ses biens et ne connaît pas non plus la provenance des produits qu’il consomme. Le consommateur moyen a été pris pour cible par la plupart des entreprises qui se livrent une bataille, et ceci, très souvent avec comme seul argument de vente le prix du produit.

J’imagine que la société de consommation en est arrivée à ce point progressivement. Le consommateur moyen n’ayant peut-être pas le temps ou l’intérêt de connaître la provenance de ses biens et la manière dont ils sont fabriqués devient une proie facile. Il se contente des produits des supermarchés et ce souvent sans savoir qu’ils peuvent être nocifs. En effet, lorsque la qualité, la provenance et l’effet de l’utilisation des produits sur l’environnement ne sont plus des critères, les seuls critères qui subsistent sont le prix et la beauté du produit. Ceci est une très bonne nouvelle pour les entreprises qui ont aussi comme seul critère de réussite l’argent. Elles savent qu’elles peuvent fabriquer des produits par des procédés et avec des ingrédients qui ont un lourd impact environnemental à très bas prix et que leurs produits vont continuer à se vendre. Il y a beau avoir des régulations et des lois, l’histoire montre qu’elles sont facilement contournées.

Puisque donc les entreprises se sont bien mises à l’aise avec un tel modèle de vente et qu’elles ne comptent pas changer avec les supplices ou recommandations d’organismes (Greenpeace etc.), le seul moyen de les faire changer est de leur mettre une pression financière. Pour cela il faut deux choses : des consommateurs désireux de faire un changement et de nouvelles entreprises qui ont les valeurs éthiques et écologiques bien encrées dans le modèle d’entreprise. Si les entreprises non-écologiques s’aperçoivent que leur part de marché cède au profit d’une autre société écologique il est certain qu’elles aussi vont essayer de suivre l’exemple ou du moins faire du « greenwashing », qui est une pratique peu scrupuleuse, mais qui permet malgré tout au consommateur de se mettre plus dans un état d’esprit écologique. Si une entreprise ne bascule pas par conviction pour la production de produits écologiques il est probable qu’elle rebasculera à la case de départ lorsque la « mode » de l’écologie aura disparu, d’où l’importance de l’apparition de nouvelles entreprises dont le conseil de décision partage les idéaux écologiques.

Je suppose qu’à partir d’un certain moment, si les fameuses parts de marché des entreprises non-écologiques commencent à se réduire, l’entreprise diminuera les dividendes versés aux actionnaires et ceux-ci seront insatisfaits d’investir de l’argent qui ne rapporte pas suffisamment de profit. Il se peut alors que les investisseurs choisissent de placer leur argent en des entreprises avec un potentiel de croissance plus élevé, qui ne sont autres que les concurrents écologiques. Dans ce scénario, les entreprises écologiques poussées par un vent d’investissements réussiront à augmenter leur visibilité et à innover avec encore plus de produits. Ce serait un formidable effet boule de neige, qui commence avec la volonté des consommateurs !

Il faut cesser de suivre un modèle de marché où la demande suit l’offre (où on achète ce qu’on trouve devant nous), mais il faut agir pour que l’offre obéisse à la demande.

Revenons aux consommateurs. Il existe beaucoup de consommateurs qui voudraient changer d’habitudes de consommation, mais dont les finances ne permettent pas toujours d’acheter des produits écologiques ou alors qui n’ont pas le temps de faire plusieurs trajets dans des boutiques spécialisées. Afin de réussir à « convertir » ces gens il faut créer des actions collectives par exemple des achats groupés pour soutenir les entreprises éthiques et écologiques.