Un fleuve humain
Paru dans le journal Montréalais African Reflection
Un Fleuve humain : Un passé communR
Réalisateur : Sylvain Lesperance
Année : 2006
C’est l’histoire d’un fleuve qui a perdu de sa superbe au fil des années. Haïssa, Alassane, Sitaï, Sekou, Amadou, Yero et Abdou sont les principaux acteurs, nostalgiques d’une période où le fleuve Niger retournait tout l’amour qu’il recevait de diverses façons. Pilote de bateau, fabricant de pirogues, pêcheur, marchande de poisson, ou berger, ils ne doivent leur destin qu’à l’extrême humanité du fleuve.
Choisissant de s’effacer complètement de la caméra, le réalisateur a opté plutôt pour une sonorité de proximité. Roucoulement des oiseaux d’un côté, bruit d’une perche fendant le fleuve de l’autre, son bruyant d’un marché vivant, beuglements d’un troupeau à la recherche d’herbe verte et finalement les éloquences des acteurs dans leur dialecte respectif. Les plans et les paysages choisis sont d’un régal insatiable. Relégué aux oubliettes, le pittoresque exotique a cédé la place à une couleur bleu fleuve, synonyme d’une santé tolérable malgré une aridité toujours plus grandissante.
D’une authenticité assez surprenante, le film nous plonge parfois dans une réalité qu’on évoque malheureusement que très peu. Et c’est tout à l’honneur du réalisateur : un marché de poissons dans la pure tradition des côtes ouest-africaines, une scène de marchandage cocasse entre une vendeuse et une cliente, des Peuls traversant le fleuve à la nage, accompagnés de leur troupeau ou encore des piroguiers n’ayant rien à envier aux meilleurs gondoliers italiens.
Voilà pourquoi vous devez absolument le voir. Un Fleuve humain, en salle depuis le 4 mai 2007 au Cinéma Parallèle du Complexe Ex-Centris


Leave a Reply